Nous perpétuons notre rôle chaque jour, sans même y penser, presque malgré nous. Voyez ces jeunes filles, le ventre nu, les jeans serrés. Devenir une jeune fille sexy est une entreprise qui les dépasse. Elles n’ont pas créé le rôle. Elles obéissent au code de la féminité. Voyez ces hommes, ils jouent à l’homme contemporain, leur parfum pour homme, la montre d’homme. Devenir un homme est une performance quotidienne, répétitive. Le genre est une cérémonie sociale, nous nous fabriquons masculins ou féminins chaque matin, qui a dit que les hommes devaient avoir des pantalons et pas des jupes ? C’est un véritable travail d’apparences, nous sommes prisonniers de notre rôle. Tout ce jeu du paraître suscite des questions : “Jusqu’où dois-je interpréter mon rôle ?” [...]
On nous impose un genre : regardez les hermaphrodites, à la naissance, on les opère, on les transforme en homme ou en femme selon le désir des parents, car ils seraient des “monstres” pour nos sociétés. Pourquoi les hermaphrodites ne pourraient-ils pas vivre épanouis ? Ils sont la preuve du principe qui règne dans nos sociétés, selon lequel la différence sexuelle doit être maintenue à n’importe quel prix.

































