septembre 17, 2007...8:19

Contraception : le paradoxe français.

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LE MONDE POUR MATINPLUS | 17.09.07 | 09h32

En 1967, la loi Neuwirth légalisait la contraception. Quarante ans plus tard, la France connaît une situation paradoxale. Elle est l’un des pays où le taux de contraception est le plus élevé au monde – seules 5 % des Françaises âgées de 18 à 45 ans n’utilisent aucune méthode contraceptive – mais le nombre d’interruptions volontaires de grossesse (IVG) reste stable et élevé, avec quelque 200 000 avortements par an.

C’est pour tenter de mettre fin à ce paradoxe que le ministère de la santé a lancé, samedi 15 septembre, une nouvelle campagne nationale sur le thème : ” La meilleure contraception, c’est celle que l’on choisit “. Déclinée en spots télé ou radio, brochures, site internet (www.choisirsacontraception.fr) et numéro d’information gratuit0 (0 800 235 236), cette campagne vise à mieux faire connaître la diversité de l’offre contraceptive afin que les femmes adaptent leur contraception en fonction de leur vie personnelle et affective.

Depuis 1967, une sorte de ” norme médicale contraceptive ” s’est imposée en France : préservatif lors de l’entrée dans la sexualité, puis pilule, puis stérilet quand la femme a eu des enfants. ” Les médecins semblent privilégier la prescription de méthodes qu’ils jugent les plus efficaces mais qui ne sont pas forcément les mieux adaptés aux attentes et aux modes de vie des femmes et des couples “, constate l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes), chargé de la campagne nationale. Ainsi, une femme qui n’a pas de compagnon régulier n’aura pas forcément envie de prendre chaque jour la pilule.

OUBLIS DE PILULE

Par ailleurs, si l’âge moyen du premier rapport sexuel reste stable (17,5 ans), celui des mères à la naissance de leur premier enfant est passé de 26,5 ans en 1977 à presque 30 ans en 2004. ” D’où la nécessité de maintenir une contraception efficace plus longue qu’auparavant “, souligne l’Inpes.

” La contraception n’est pas un acte mécanique et consumériste. Elle doit être choisie, adaptée, réfléchie “, a insisté la ministre de la santé, Roselyne Bachelot, lors de la présentation de la campagne.

L’étude Cocon, menée en 2000 par l’Inserm et l’Institut national d’études démographiques (Ined), a fait apparaître que près de deux grossesses non prévues sur trois surviennent chez des femmes qui déclarent utiliser un moyen contraceptif, et que la moitié de ces grossesses se termine par une IVG. ” Cela montre à l’évidence que la contraception est mal adaptée”, estime Mme Bachelot. Les femmes attribuent une bonne part de ces échecs à des oublis de pilule, une mauvaise utilisation ou une rupture de préservatif, et à un manque d’information sur la contraception d’urgence (pilule du lendemain).

Actuellement, 60 % des Françaises prennent la pilule, 20 % portent un stérilet et 11 % ont recours aux préservatifs féminins. Or, depuis quelques années, il existe de nouveaux moyens contraceptifs, encore mal connus des Françaises, qui permettent de réduire les problèmes d’” oubli “. L’implant, petit bâtonnet en plastique de la taille d’une allumette, inséré sous la peau du bras, est un ” réservoir ” de progestatif efficace pendant trois ans mais qui peut être retiré plus tôt. L’anneau contraceptif, inséré dans le vagin, a une efficacité de trois semaines et le patch, collé sur la peau, d’une semaine.
PAS DE GRATUITÉ

Quant au stérilet, ” c’est une méthode contraceptive de première intention très efficace “, rappellent les autorités sanitaires. Enfin, si l’usage de la pilule du lendemain augmente régulièrement (en 2005, près de 14 % des femmes y avaient eu recours au cours de leur vie, contre 8,4 % en 2000), peu de femmes connaissent son délai d’utilisation et toutes ne savent pas qu’elle est délivrée sans ordonnance en pharmacie et gratuitement aux mineures.

Les adolescentes sont justement l’une des cibles de la nouvelle campagne nationale. Roselyne Bachelot a regretté les ” résistances ” des chefs d’établissements à l’installation de distributeurs de préservatifs dans les lycées. Mais elle se dit opposée à la gratuité de la contraception pour les moins de 18 ans. Cette mesure a pourtant été recommandée, en décembre 2006, par le Haut conseil de la population et de la famille, pour réduire le nombre d’IVG chez les mineures (13 000 par an).

Sandrine Blanchard

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